EL DISCÍPULO DE PLATON
I
Resonancia inmortal en mí florece:
y llevo en el espíritu
la inquietud de una nueva melodía
no escuchada jamás sobre la tierra.
No ha sido el resplandor del cielo Ático,
no la perfecta línea de los mármoles,
ni la delectación del mar latino,
por donde se deslizan los trirremes
trazando las estelas argentadas,
como lazos que unen a las vidas
que se van, con las vidas que se quedan.
No ha sido la belleza que la Acrópolis
difunde en mis pupilas cuando veo
su majestad clarísima elevarse
bajo un cielo zafíreo; ni tampoco
las sonrosadas ninfas de Diana
ni el cuerpo de la Venus, ni el flamígero
resonar que levanta entre las nubes
la cuadriga escultórica de Apolo.
II
He ido como siempre
al jardín de Academos.
Hoy de sus viajes nos habló el Maestro
al iniciar las pláticas divinas.
Pensativos y absortos, escuchábamos
con sagrado silencio, los discípulos.
Nunca he encontrado al sol más fulgurante,
ni el aire ha rendido sus perfumes
con más experta y exquisita gracia.
Toda la inmensa majestad helénica
se irguió en los ademanes y en los labios
del Maestro magnífico:
y lo seguía nuestra fe, radiante;
pronta a sacrificarle nuestro ensueño
en su elevado amor, como en un ara.
Hoy no cité los diálogos de otrora
en el grave cenáculo de Sócrates,
cuando su juventud flotó en el cielo
de la sabiduría del gran mártir:
pues atraída por la pompa diáfana
que irradiaba el gimnasio, su alma quiso
abandonar los tópicos profundos,
temas de pitagóricos o eléatas,
para hablarnos, primero de Megara
y después de Cyrene y de Sicilia.
Los viajes de Platón!
Lenta, espaciábase
su voz, al describirnos el milagro
del mar azul, donde la Arcadia sueña
y donde Venus yergue
la redonda turgencia de sus senos.
Nos evocó las tardes opulentas
de los áureos jardines de Megara,
y el rumor de los bosques donde ocultan
las abejas eternas
la luz que el griego ofrecerá al futuro
en el ánfora ebúrnea de su arte.
De allí pasó a los días de Cyrene
y las comarcas tórridas del África
nos describió con un color sublime.
¡Largo tiempo entretúvose evocando,
la tremenda emoción que le causara
la tierra ardiente que calcina el torso
inflexible de Atlante!
Por fin su verba nos llevó a Sicilia
donde Vulcano y el tonante Júpiter
unen la voz del cielo y de la tierra
a través de los cráteres enormes.
Y con placer nos dijo,
que allí pasó las horas escuchando
el rumor de las olas fatigadas,
y poco a poco descifró el mensaje
de una tierra escondida,
que mas allá de las columnas de Hércules
levanta sus prodigios y leyendas
y la polifonía de sus bosques
sobre el dorso movible de las aguas.
III
Entretanto, en el huerto silencioso,
y en amplitud de templo,
se extinguía el frescor de la mañana,
y la rubia canícula de estío
prendió su antorcha en florecidas selvas.
Se detuvo Platón en el sendero
y un gesto de cansancio
flotó en la claridad de sus facciones.
—Tengo sed— murmuraron dulcemente
su labios, y, rendido,
su noble cuerpo se apoyó en nosotros.
Corrí a una fuente y en bruñido vaso
le traje el agua transparente y límpida,
y en forma torpe hincándome en el césped,
con ruboroso gesto y débil pulso
la coloqué en las manos del Maestro.
Después que hubo bebido toda el agua,
me envolvió en una plácida sonrisa
y entre un silencio religioso dijo:
—Haz de modo que el cauce de tu espíritu
se conserve en la vida, para siempre
tan puro como el agua que me has dado.—
Cada vez que recuerdo este episodio,
resonancia inmortal en mí florece
y guardo en el espíritu
la inquietud de una nueva melodía
no escuchada jamás sobre la tierra.
El Castillo Interior, 1917
LE DISCIPLE DE PLATON
I
Une résonance immortelle fleurit en moi :
et je porte dans mon esprit
l'aspiration à une nouvelle mélodie
jamais entendue sur cette terre.
Ce ne fut pas l’éclat du ciel attique,
ni la ligne parfaite des marbres,
ni la délectation de la mer latine,
sur laquelle glissent les trirèmes
en traçant des sillages argentés,
tels des liens qui unissent les vies
qui s’en vont aux vies qui restent.
Ce ne fut pas la beauté que l’Acropole
diffuse dans mes pupilles lorsque je vois
sa majesté limpide s’élever
sous un ciel saphiréen ; ni non plus
les nymphes rougies de Diane
ni le corps de Vénus, ni le flamboyant
retentissement que soulève parmi les nuages
le quadrige sculptural d’Apollon.
II
Je me rendis, comme toujours,
au jardin d’Académos.
Aujourd’hui, le Maître nous parla de ses
voyages
en entamant ses divins discours.
Pensifs et absorbés, nous écoutions
dans un silence sacré, nous autres, les
disciples.
Jamais je ne trouvé le soleil plus fulgurant,
ni l’air ne distilla ses parfums
avec une grâce plus experte et plus exquise.
Toute l’immense majesté hellénique
se dressa dans les gestes et sur les lèvres
du Maître grandiose :
et notre foi, radieuse, le suivit ;
prête à lui sacrifier notre rêve
dans son amour sublime, comme sur un autel.
Aujourd’hui, je ne pas cité les dialogues
d’autrefois
dans le cénacle solennel de Socrate,
lorsque sa jeunesse flottait dans le ciel
de la sagesse du grand martyr :
car, attirée par la splendeur diaphane
qui rayonnait dans le gymnase, son âme voulut
abandonner les sujets profonds,
thèmes des pythagoriciens ou des éléates,
pour nous parler, d’abord de Mégare
puis de Cyrène et de la Sicile.
Les voyages de Platon !
Lentement, sa voix s’espaçait
en nous décrivant le miracle
de la mer bleue, où l’Arcadie rêve
et où Vénus dresse
la ronde plénitude de ses seins.
Elle nous évoqua les après-midi somptueux
des jardins dorés de Mégare,
et le murmure des forêts où cachent
les abeilles éternelles
la lumière que le Grec offrira à l’avenir
dans l’amphore d’ivoire de son art.
De là, elle passa aux jours de Cyrène
et aux contrées torrides de l’Afrique
qu’elle nous décrivit avec une couleur sublime.
Longtemps, il s’est attardé à évoquer
l’émotion immense que lui causa
la terre ardente qui calcine le torse
inflexible de l’Atlante !
Enfin, ses paroles nous conduisirent en Sicile
où Vulcain et le tonitruant Jupiter
unissent la voix du ciel et de la terre
à travers les cratères immenses.
Et c’est avec plaisir qu’il nous dit
qu’il y passa des heures à écouter
le murmure des vagues épuisées,
et qu’il déchiffra peu à peu le message
d’une terre cachée,
qui, au-delà des colonnes d’Hercule,
élève ses prodiges et ses légendes
ainsi que la polyphonie de ses forêts
sur le dos ondulant des eaux.
III
Pendant ce temps, dans le jardin silencieux,
aux dimensions d’un temple,
la fraîcheur du matin s’éteignait,
et la blonde canicule de l’été
alluma sa torche dans les forêts fleuries.
Platon s’arrêta sur le sentier
et un signe de fatigue
flotta sur la clarté de ses traits.
— J’ai soif — murmurèrent doucement
ses lèvres, et, épuisé,
son noble corps s’appuya sur nous.
Je courus vers une fontaine et, dans un vase
poli,
je lui apportai l’eau transparente et limpide,
et, m’agenouillant maladroitement sur l’herbe,
d’un geste rougissant et d’une main tremblante,
je la déposai dans les mains du Maître.
Après qu’il eut bu toute l’eau,
il m’enveloppa d’un sourire serein
et, dans un silence solennel, il dit :
— Fais en sorte que le cours de ton esprit
demeure dans la vie, pour toujours
aussi pur que l’eau que tu m’as donnée. —
Chaque fois que je me souviens de cet épisode,
une résonance immortelle fleurit en moi
et je garde dans mon esprit
l’inquiétude d’une nouvelle mélodie
jamais entendue sur cette terre.
Version en français de Miguel Ángel Frontán


