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lunes, 14 de abril de 2025

Anna de Noailles y Enrique Díez Canedo: Será largo el crepúsculo

IL FERA LONGTEMPS CLAIR CE SOIR

 

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent.

La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,

Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,

Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...

 

Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,

Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;

On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre

De peur de déranger le sommeil des odeurs.

 

De lointains roulements arrivent de la ville...

La poussière qu’un peu de brise soulevait,

Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,

Redescend doucement sur les chemins tranquilles ;

 

Nous avons tous les jours l’habitude de voir

Cette route si simple et si souvent suivie,

Et pourtant quelque chose est changé dans la vie ;

Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir...

ANNA DE NOAILLES


 

SERÁ LARGO EL CREPÚSCULO...

 

Será largo el crepúsculo. Ya va creciendo el día.

Los rumores diurnos huyen y se dispersan;

sorprendidos los árboles no ven llegar la noche,

siguen despiertos en la tarde blanca, y piensan.

 

Los castaños, al aire denso, cuajado en oro,

sus perfumes exhalan y parecen oírlos;

y nos da miedo andar, mover el aire tierno,

para no despertar los aromas dormidos.

 

Vienen de la ciudad sordos ecos lejanos...

El polvo, levantado por un soplo del viento,

deja el árbol agónico, triste, que revestía,

y otra vez cae, pausado, sobre el camino quieto.

 

Vemos un día y otro, por costumbre, el camino

que impasibles cruzamos en tantas ocasiones,

pero no sé qué cosa cambia en nuestra existencia:

ya nunca más tendremos el alma de esta noche.

ENRIQUE DÍEZ CANEDO


lunes, 22 de junio de 2020

Théophile Gautier y Enrique Díez Canedo: El arte

EL ARTE

Sí, labor de más belleza
da la forma en que se exalte
la destreza :
mármol, ónix, verso, esmalte.

Falsas violencias rehúsa;
pero, si vas por derecho,
calza. Musa,
un coturno muy estrecho.

Desdeña el ritmo gastado,
que es como zapato enorme,
tan holgado
que a cualquier pie se conforme.

Escultor, la arcilla bota
que el pulgar fácil moldea
mientras flota
por otros mundos la idea.

Lucha con el fuerte Paros
y con el Carrara duro
que en sí, avaros,
guardan el relieve puro.

Que te preste Siracusa
su bronce, que al golpe vivo
firme acusa
rasgo dulce o gesto altivo.

Tu mano, diestra y serena,
de Apolo, el dios juvenil,
en la vena
de ágata siga el perfil.

De la acuarela, pintor,
huye, y aprende a fijar
el color
en la hornilla de esmaltar.

Haz sirenas en las olas
y en cien grotescas torsiones
largas colas
de monstruos en los blasones,

y el triple nimbo en que impera
con su Jesús la Madona,
y una esfera
con una cruz por corona.

Todo pasa. — El arte augusto
sólo alcanza eternidad;
frágil busto
sobrevive a gran ciudad.

Y la severa medalla
que en la tierra el labrador
tal vez halla,
revela un emperador.

Los dioses mismos perecen,
mas los versos inmortales
permanecen
más firmes que los metales.

¡Esculpe, cincela, lima:
que tu vago ensueño ardiente
fiel se imprima
sobre el bloque resistente!

L’ART

Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rythme commode,
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L’argile que pétrit
Le pouce
Quand flotte ailleurs l’esprit :

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S’accuse
Le trait fier et charmant ;

D’une main délicate
Poursuis dans un filon
D’agate
Le profil d’Apollon.

Peintre, fuis l’aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l’émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. — L’art robuste
Seul a l’éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent,
Mais les vers souverains
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle

Dans le bloc résistant !

miércoles, 28 de septiembre de 2011

François Villon y Enrique Díez Canedo 9



BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?





BALADA DE LAS DAMAS DEL TIEMPO QUE FUE

¿Decidme ¿en qué país, en dónde
Flora está, la hermosa Romana,
qué lugar a Archipíada esconde,
cuál a Taís su prima hermana,
y Eco, la que al rumor responde
que junto al agua acaso dan,
la de belleza más que humana?
¡Nieves de antaño, en dónde están!

¿Y Eloísa, la sabia, presa
de amor por Abelardo un día?
(Y en San Dionís luego él profesa
que a trance tal amor le guía)
¿Dónde aquella reina francesa
que arrojar hizo a Buridán
dentro de un saco al Sena, impía?
¡Nieves de antaño, en dónde están!

¿Y aquella, de voz de sirena,
Reina Blanca, de un lirio hermana,
Berta del pie grande, y Elena,
Beatriz y Haremburga y Juana,
la pastorcilla de Lorena,
que el inglés quemara en Ruán?
¿Donde están, Virgen soberana?
¡Nieves de antaño, en dónde están!

ENVÍO

Príncipe, ved: ni una semana
ni un año respuesta os darán,
tendréis sólo esta frase vana:
¡Nieves de antaño, en dónde están!


Versión de ENRIQUE DÍEZ CANEDO

sábado, 7 de noviembre de 2009

Arthur Rimbaud y Díez Canedo 8


Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

ARTHUR RIMBAUD


Un sueño en el valle

Un hueco verde, un hilo cantarín de agua clara
Que andrajos argentinos entre las hierbas prende
Loco: en ellos el sol del monte altivo esplende;
Y es como un vallecillo que en rayos espumara.

Un soldado reposa, boquiabierto, desnuda
La cabeza, entre berros azules extendido;
Muy pálido, en la hierba mojada se ha dormido,
Y la luz llueve sobre su verde lecho, cruda.

Entre las espadañas tiene los pies. Risueño,
Como enfermizo infante, duerme plácido sueño.
¡Naturaleza, mécele con calor! Está helado.

Su nariz el perfume de los campos no aspira.
Con la mano en el pecho, duerme al sol. No respira.
Tiene dos agujeros rojos en un costado.

ENRIQUE DÍEZ CANEDO

sábado, 1 de agosto de 2009

Robert Browning y Díez Canedo 8


Memorabilia

Ah, did you once see Shelley plain,
And did he stop and speak to you?
And did you speak to him again?
How strange it seems, and new!

But you were living before that,
And you are living after,
And the memory I started at--
My starting moves your laughter!

I crossed a moor, with a name of its own
And a certain use in the world no doubt,
Yet a hand's-breadth of it shines alone
'Mid the blank miles round about:

For there I picked up on the heather
And there I put inside my breast
A moulted feather, an eagle-feather--
Well, I forget the rest.

ROBERT BROWNING


Memorabilia

¡Visteis a Shelley, le visteis de cerca,
Y os habló el, y vos le respondisteis!
¡Oh, qué extraño parece todo esto!

Y, sin embargo, vos vivíais antes
De aquel momento, y en vida seguisteis.
¡Y yo, que solo de pensarlo, siento
Profunda conmoción os muevo a risa!

Un páramo crucé que, ciertamente,
Nombre tenía y objeto en el mundo...
Y yo de tantas millas, no recuerdo
Más que un lugar, aquel en que una pluma

Me hallé, caída entre las zarzas —era
Una pluma de águila. De todo
Lo demás nada sé, nada recuerdo...

ENRIQUE DÍEZ CANEDO

viernes, 26 de junio de 2009

Francis Jammes y Enrique Díez Canedo: El campesino

LE PAYSAN

Le paysan le soir vient de la foire et toutes
ses brebis marchent avec lui le long des routes.
Il y a des veaux qui ne veulent pas marcher
et il est obligé, pour les faire avancer,
de les tirer par le cou avec une corde.
Mais les veaux aux museaux blancs et morveux la mordent.
Les brebis se mettent à courir fort parfois
et le chien de l´homme, qui a l´air d´être en bois,
qui est jaune, les poursuit, aboie en arrière
et sur la route cela fait de la poussière.
Il y a la haie après la route —et les champs
après la haie et après des prés —on entend
le gave de là ; plus loin les coteaux paraissent
avec de grands carrés verts, jaunes, roux. Où cessent
les coteaux, par-dessus eux, mais bien plus loin,
des montagnes, puis, après elles, l´air sans fin.






EL CAMPESINO

El campesino, cuando el sol se pone,
con su rebaño de la feria vuelve
por el sendero. Muchas veces, duros,
los becerrillos en volver se obstinan,
y, para que adelanten, es preciso
tirar con una cuerda de su cuello.
Mas los becerros, de húmedos y blancos
hocicos, muerden la tirante soga.
De pronto alguna oveja se desmanda,
y el perro del pastor, perro amarillo
que parece tallado de madera,
la persigue ladrando y revolviendo
nubes de polvo en el camino. Al borde
del camino hay un seto; la pradera
tras el seto se extiende; la campiña
dilátase después; en sus confines
se oye el son del torrente; los ribazos
más allá se recuestan, con extensos
cuadros rojizos, verdes y amarillos.
Donde acaba el ribazo, por encima,
pero mucho más lejos las montañas
encúmbranse; y encima de los picos
el aire ilimitado se prolonga.


sábado, 6 de junio de 2009

Arthur Rimbaud y Díez Canedo 6



Audio - par VINCENT PLANCHON

Aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

ARTHUR RIMBAUD


Aurora

He tenido en mis brazos a la aurora de estío.

En la frente de los palacios nada movíase aún. Muerta el agua. Los campos de sombras no se apartaban del camino del bosque. Anduve, despertando hálitos vivaces y tibios; y miraron las pedrerías, y se levantaron sin rumor las alas.

Fue la empresa inicial, en el sendero ya henchido de frescos y pálidos relumbres, una flor que me dijo su nombre.

Reí a la cascada que se despeina por entre abetos: en la argentada cima reconocí a la diosa.

Entonces, uno por uno, levanté los velos. En la alameda, con agitar de brazos. Por la llanura, en donde la denuncié al gallo. En la ciudad, huía por entre campanarios y cúpulas; y corriendo como por malecones de mármol un mendigo, yo la iba echando.

En lo alto del camino, cerca de un bosque de laureles, pude rodearla con la masa de sus cendales, y algo sentí de su inmenso cuerpo. Aurora y niño cayeron a la profundidad del bosque.

Cuando desperté era el mediodía.

ENRIQUE DÍEZ CANEDO

martes, 26 de mayo de 2009

Elizabeth Barrett Browning y Díez Canedo 5



Sonnets of the Portuguese

XIV


If thou must love me, let it be for nought
Except for love's sake only. Do not say
'I love her for her smile —her look —her way
Of speaking gently, —for a trick of thought

That falls in well with mine, and certes brought
A sense of pleasant ease on such a day'—
For these things in themselves, Belovèd, may
Be changed, or change for thee, —and love, so wrought,

May be unwrought so. Neither love me for
Thine own dear pity's wiping my cheeks dry,—
A creature might forget to weep, who bore
Thy comfort long, and lose thy love thereby!

But love me for love's sake, that evermore
Thou mayst love on, through love's eternity.

ELIZABETH BARRETT BROWNING


Soneto XIV

Si amarme quieres, sólo amor te mueva.
No digas: —La he de amar porque me agrada
Su celestial sonrisa, su mirada,
Su voz, su pensamiento que se eleva

Como el mío y al alma mía lleva
Grata emoción. —Que la emoción pasada,
Pudiera ser por ti menospreciada;
Tal amor no triunfara en toda prueba.

Ni nazca tu cariño del encanto
Que hallas tal vez al enjugar mi llanto:
Quizá por ti olvidara mi dolor,
Y me olvidaras tú, feliz al verme.

Ámame por amor: así quererme
Podrás en una eternidad de amor.

ENRIQUE DÍEZ CANEDO

domingo, 10 de mayo de 2009

Émile Verhaeren y Díez Canedo 4


Soir religieux (IV)

Le déclin du soleil étend, jusqu'aux lointains,
Son silence et sa paix comme un pâle cilice ;
Les choses sont d'aspect méticuleux et lisse
Et se détaillent clair sur des fonds byzantins.

L'averse a sabré l'air de ses lames de grêle,
Et voici que le ciel luit comme un parvis bleu,
Et que c'est l'heure où meurt à l'occident le feu,
Où l'argent de la nuit à l'or du jour se mêle.

A l'horizon, plus rien ne passe, si ce n'est
Une allée infinie et géante de chênes,
Se prolongeant au loin jusqu'aux fermes prochaines.
Le long des champs en friche et des coins de genêt.

Ces arbres vont - ainsi des moines mortuaires
Qui s'en iraient, le cœur assombri par les soirs,
Comme jadis partaient les longs pénitents noirs
Pèleriner, là-bas, vers d'anciens sanctuaires.

Et la route d'amont toute large s'ouvrant
Sur le couchant rougi comme un plant de pivoines,
A voir ces arbres nus, à voir passer ces moines,
On dirait qu'ils s'en vont ce soir, en double rang,

Vers leur Dieu dont l'azur d'étoiles s'ensemence ;
Et les astres, brillant là-haut sur leur chemin,
Semblent les feux de grands cierges, tenus en main,
Dont on n'aperçoit pas monter la tige immense.



Tarde religiosa (IV)

El sol, al ocultarse, derrama hasta lo lejos
La calma silenciosa, cual pálido cilicio;
Las cosas aparecen adustas y bruñidas
Y firmes se destacan en fondos bizantinos.

Cual pórtico de azul relumbra el firmamento;
La lluvia fuerte el aire rasgó con sus cuchillos
Y en este instante muere la hoguera del ocaso
Que noche y día, plata con oro, ha confundido.

Tan sólo en lontananza, descúbrese un paseo
De encinas gigantescas, oscuro, torvo y rígido,
Que cruza los eriales cubiertos de retamas
Y acaba en donde surgen los próximos cortijos.

Los árboles enormes parecen monjes tétricos
Que marchan, por las tardes, con pecho esombrecido,
Lo mismo que los viejos austeros penitentes
De antiguos santuarios remotos peregrinos.

Ya abriéndose la senda sobre el ocaso rojo,
Cual planta de peonías, en la pendiente, místicos,
Los árboles desnudos, los monjes enlutados,
Parece que en dos filas dirígense contritos

Al Dios que siembra estrellas en el azul del cielo;
Y como vacilantes llamas de inmensos cirios
Cuyos tallos de cera se irguiesen invisibles
En sus puños, los astros brillan sobre el camino.


domingo, 3 de mayo de 2009

Jean Richepin y Díez Canedo 3


Tristesse des bêtes

Le soleil est tombé derrière la forêt.
Dans le ciel, qu'un couchant rose et vert décorait,
Brille encore un grenat au faîte d'une branche.
La lune, à l'opposé, montre sa corne blanche.
Vers les puits, dont l'eau coule aux rigoles de bois,
C'est l'heure où les barbets avec de grands abois
Font, devant le berger lourd sous sa gibecière,
Se hâter les brebis dans des flots de poussière.
Les bêtes, les oiseaux des champs, sont au repos.
Seuls, le long du chemin, compagnons des troupeaux,
Sautant de motte en motte après la mouche bleue,
On entend pépier les brusques hoche-queue.
Puis ils s'en vont aussi. La nuit de plus en plus
Monte, noyant dans l'ombre épaisse le talus
Où les grillons plaintifs chantent leur bucolique
En couplets alternés d'un ton mélancolique.
Sous la brise du soir les herbes, les buissons,
Palpitent, secoués de douloureux frissons,
Et semblent chuchoter de noires confidences.
A ce ronron lugubre accordant ses cadences,
Le vieux berger, qui souffle en ses pipeaux faussés,
Fait pâmer les crapauds râlant dans les fossés.
Or, le bélier pensif baisse plus bas ses cornes ;
Les brebis, se serrant, ouvrent de grands yeux mornes ;
Et les chiens en hurlant s'arrêtent pour s'asseoir.

Oh ! vous avez raison d'être tristes, le soir !
Elle a raison, berger, ta chanson monotone
Qui pleure. Il a raison, l'animal qui s'étonne
De l'ombre épouvantable et de la nuit sans fond.
Hélas ! l'ombre et la nuit, sait-on ce qu'elles font ?
Sait-on quel oeil vous guette et quel bras vous menace
Dans cette chose noire ? Ah ! la nuit ! C'est la nasse
Que la Mort tous les soirs tend par où nous passons,
Et qui tous les matins est pleine de poissons.

Vive le bon soleil ! Sa lumière est sacrée.
Vive le clair soleil ! Car c'est lui seul qui crée.
C'est lui qui verse l'or au calice des fleurs,
Et fait les diamants de la rosée en pleurs ;
C'est lui qui donne à mars ses bourgeons d'émeraude,
A mai son frais parfum qui par les brises rôde,
A juin son souffle ardent qui chante dans les blés,
A l'automne jauni ses cieux roux et troublés ;
C'est lui qui pour chauffer nos corps froids en décembre
Unit au bois flambant les vins de pourpre et d'ambre ;
C'est lui l'ami magique au sourire enchanté
Qui rend la joie à ceux qui pleurent, la santé
Aux malades ; c'est lui, vainqueur des défaillances,
Qui nourrit les espoirs, ranime les vaillances ;
C'est lui qui met du sang dans nos veines ; c'est lui
Qui dans les yeux charmants des femmes dort et luit ;
C'est lui qui de ses feux par l'amour nous enivre ;
Et quand il n'est pas là, j'ai peur de ne plus vivre.

Vous comprenez cela, vous, bêtes, n'est-ce pas ?
Puisque, le soir venu, ralentissant le pas,
Dans votre âme, par l'homme oublieux abolie,
Vous sentez je ne sais quelle mélancolie.


Jean Richepin

Jean Richepin y Miguel de Unamuno



Tristeza de los animales

El sol detrás del bosque, moribundo, se pierde.
Los cielos el ocaso tiñe de rosa y verde.
Muestra sus blancos cuernos la luna. En el remate
De una rama, reluce todavía un granate.
A los pozos que colman del bosque los regueros
Entre nubes de polvo regresan los corderos;
Les azuzan los canes con sus fuertes ladridos,
Y tras ellos caminan los pastores rendidos.
En el campo reposan las bestias y las aves.
Solamente acompañan a los rebaños graves,
De la senda a lo largo marchando a saltos breves
En busca de insectillos, bruscos aguzanieves.
Luego también se ocultan. La noche avanza, avanza
Y sus espesas sombras a los taludes lanza
Donde el grillo se queja con su cantar bucólico
En estrofas alternas de ritmo melancólico.
Por la brisa nocturna sacudidos, se agitan
Hierbas y matorrales que, trémulos, palpitan
Y murmurar parecen obscuras confidencias.
A este concierto lúgubre juntando sus cadencias,
La flauta del anciano pastor, turbando el eco,
Viene a asustar al sapo que resuella en su hueco.
Temeroso el carnero la armada frente humilla,
Sus grandes ojos abre la débil ovejilla
Y el perro se detiene y a aullar siniestro empieza.

¡Oh, qué justo motivo tiene vuestra tristeza!
¡Con qué razón solloza, pastor, tu triste canto!
¡Con qué razón la bestia ve llegar con espanto
lo negro y lo insondable de la noche que asombra!
¿Quién sabe lo que guardan, unidas, noche y sombra?
¿Qué brazo nos amaga, qué vista nos acecha
En sus hondas negruras? ... ¡La noche! ... red estrecha
Que a nuestros pies la Muerte deja siempre extendida
Y todas las mañanas de peces saca henchida.

¡Viva el sol bueno, viva! Su destello es sagrado.
¡Viva el sol claro, viva! Por él todo es creado.
Él deja llenos de oro los cálices fragantes,
Él forma del rocío los líquidos diamantes,
Él da, pródigo, a marzo, sus brotes de esmeralda,
A mayo de perfumes fresquísima guirnalda,
A junio, de las eras el abrasado aliento,
Sus revueltos celajes a otoño amarillento,
Y en diciembre restaura nuestro cuerpo aterido
Con el vino de púrpura y el hogar encendido.
Es el amigo mágico de sonrisa encantada
Que devuelve al que llora la alegría anhelada,
Que retorna al enfermo la salud. Él ahuyenta
Recelos y zozobras, y la esperanza alienta.
Él da sangre a las venas; él en los seductores
Ojos de las mujeres se trueca en resplandores;
Por él en sus transportes el amor nos embriaga;
Yo siento que mi vida se va cuando él se apaga.

Y vosotras, ¡oh bestias!, sentís lo mismo acaso.
¿No es verdad? Y de noche tenéis, por eso, el paso,
Y en el alma, que os niega del hombre la porfía,
Sentís yo no sé que vaga melancolía.


Enrique Díez Canedo y la poesía extranjera

domingo, 5 de abril de 2009

Mallarmé y Díez Canedo 2


Una verdadera proeza tanto por la fidelidad al pensamiento complejo de Mallarmé, como por la acabada belleza de la versión castellana. Enrique Díez Canedo logra aquí un poema, por cierto, memorable.


Le vierge, le vivace.... -Audio


Sonnet

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.


Soneto

¿Este día vivaz, hermoso y virginal,
Con un ebrio aletazo va a desgarrar el duro
Lago de olvido, escarcha que encierra en su seguro
Los vuelos no emprendidos, transparente y glacial?

Un cisne de otro tiempo recuerda que fue tal,
Magnífico; esperanza no tiene de un futuro
Libre, que no ha cantado las regiones del puro
Vivir, en el estéril albo tedio invernal.

Sacudirá su cuello la agonía en que anega,
Blanca, el aire, al osado pájaro que lo niega,
Mas no el horror del suelo que un ala le aprisiona.

Fantasma que a un lugar su esplendor tiene unido,
Del desprecio a la fría vaguedad se abandona
Que en el destierro inútil es del Cisne vestido.

sábado, 4 de abril de 2009

Desbordes-Valmore y Díez Canedo: Las rosas de Saadi



Enrique Díez Canedo nos ha dejado versiones de poemas franceses de una notable musicalidad.
Hemos elegido, para recordarlo, uno de los mejores poemas de Marceline Desbordes-Valmore.


Les roses de Saadi

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.




Las rosas de Saadi

Esta mañana quise traerte rosas, rosas.
Mis fajas no pudieron ceñirlas, y abundosas
Derramáronse, tantas eran las que cogí.

Se rompieron los nudos y las rosas volaron
Por el viento a la mar, y allí se dispersaron.
Derivar en el agua y alejarse las vi.

Todo el mar parecía rojo, como encendido.
Pero esta noche aún guarda su aroma mi vestido:
Respira el perfumado recuerdo sobre mí.