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viernes, 22 de julio de 2022

Victor Hugo y Teodoro Llorente: El canto de Nerón

UN CHANT DE FÊTE DE NÉRON

 

Nescio quid molle atque facetum.

Horace.

 

Amis ! l’ennui nous tue, et le sage l’évite !

Venez tous admirer la fête où vous invite

Néron, César, consul pour la troisième fois ;

Néron, maître du monde et dieu de l’harmonie,

Qui, sur le mode d’Ionie,

Chante, en s’accompagnant de la lyre à dix voix !

 

Que mon joyeux appel sur l’heure vous rassemble !

Jamais vous n’aurez eu tant de plaisirs ensemble,

Chez Pallas l’affranchi, chez le grec Agénor ;

Ni dans ces gais festins, d’où s’exilait la gêne,

Où l’austère Sénèque, en louant Diogène,

Buvait le falerne dans l’or ;

 

Ni lorsque sur le Tibre, Aglaé, de Phalère,

Demi-nue, avec nous voguait dans sa galère,

Sous des tentes d’Asie aux brillantes couleurs ;

Ni quand, au son des luths, le préfet des bataves

 

Jetait aux lions vingt esclaves,

Dont on avait caché les chaînes sous des fleurs !

 

Venez, Rome à vos yeux va brûler, — Rome entière !

J’ai fait sur cette tour apporter ma litière

Pour contempler la flamme en bravant ses torrents.

Que sont les vains combats des tigres et de l’homme ?

Les sept monts aujourd’hui sont un grand cirque, où Rome

Lutte avec les feux dévorants.

 

C’est ainsi qu’il convient au maître de la terre

De charmer son ennui profond et solitaire !

Il doit lancer parfois la foudre, comme un dieu !

Mais, venez, la nuit tombe et la fête commence.

Déjà l’incendie, hydre immense,

Lève son aile sombre et ses langues de feu.

 

Voyez-vous ? voyez-vous ? sur sa proie enflammée,

Il déroule en courant ses replis de fumée ;

Il semble caresser ces murs qui vont périr ;

Dans ses embrassements les palais s’évaporent…

— Oh ! que n’ai-je aussi, moi, des baisers qui dévorent,

Des caresses qui font mourir !

 

Écoutez ces rumeurs, voyez ces vapeurs sombres,

Ces hommes dans les feux errant comme des ombres,

Ce silence de mort par degrés renaissant !

Les colonnes d’airain, les portes d’or s’écroulent !

Des fleuves de bronze qui roulent

Portent des flots de flamme au Tibre frémissant !

 

Tout périt ! jaspe, marbre, et porphyre, et statues,

Malgré leurs noms divins dans la cendre abattues.

Le fléau triomphant vole au gré de mes vœux,

Il va tout envahir dans sa course agrandie,

Et l’aquilon joyeux tourmente l’incendie,

Comme une tempête de feux.

 

 

Fier Capitole, adieu ! — Dans les feux qu’on excite,

L’aqueduc de Sylla semble un pont du Cocyte.

Néron le veut : ces tours, ces dômes tomberont.

Bien ! sur Rome, à la fois, partout, la flamme gronde !

— Rends-lui grâces, reine du monde :

Vois quel beau diadème il attache à ton front !

 

Enfant, on me disait que les voix sibyllines

Promettaient l’avenir aux murs des sept collines,

Qu’aux pieds de Rome, enfin, mourrait le temps dompté,

Que son astre immortel n’était qu’à son aurore… —

Mes amis ! dites-moi combien d’heures encore

Peut durer son éternité ?

 

Qu’un incendie est beau lorsque la nuit est noire !

Érostrate lui-même eût envié ma gloire !

D’un peuple à mes plaisirs qu’importent les douleurs ?

Il fuit : de toutes parts le brasier l’environne… —

Ôtez de mon front ma couronne,

Le feu qui brûle Rome en flétrirait les fleurs.

 

Quand le sang rejaillit sur vos robes de fête,

Amis, lavez la tache avec du vin de Crète ;

L’aspect du sang n’est doux qu’au regard des méchants.

Couvrons un jeu cruel de voluptés sublimes.

Malheur à qui se plaît au cri de ses victimes ! —

Il faut l’étouffer dans des chants.

 

Je punis cette Rome et je me venge d’elle !

Ne poursuit-elle pas d’un encens infidèle

Tour à tour Jupiter et ce Christ odieux ?

Qu’enfin à leur niveau sa terreur me contemple !

Je veux avoir aussi mon temple,

Puisque ces vils romains n’ont point assez de dieux.

 

J’ai détruit Rome, afin de la fonder plus belle.

 

Mais que sa chute au moins brise la croix rebelle !

Plus de chrétiens ! allez, exterminez-les tous !

Que Rome de ses maux punisse en eux les causes ;

Exterminez !… — Esclave ! apporte-moi des roses,

Le parfum des roses est doux !

VICTOR HUGO

Odes et balades

 

EL CANTO DE NERÓN

 

El prudente varón el tedio evita;

A la que os brindo fiesta placentera,

Venid, amigos, sin afán ni cuita;

Nerón es quien invita,

César y cónsul por la vez tercera;

Nerón, señor del mundo y dios del canto,

Que al blando son de cítara acordada

Suelta al aire la voz, al dulce encanto

De los jónicos ritmos ajustada.

 

Festín mejor, ni tan sabroso juego

No hallasteis en la espléndida morada

Del tracio Palas o Agenor el griego;

Ni en la gozosa orgía

En que Séneca, el sabio, sin desdoro

A la salud de Diógenes bebía

El ardiente falerno en copa de oro;

Ni en aquel feliz día

Cuando en la nave de pausado vuelo,

A la sombra de estofas del Oriente

Y en nuestros brazos Lálage sin velo,

Surcábamos del Tíber la corriente;

Ni en las luchas del circo y sus horrores,

Cuando entre gritos, músicas y bravos,

El edil, generoso en gladiadores,

Arrojaba a las fieras veinte esclavos,

Cuyas cadenas revistió de flores.

 

¡Veréis a Roma arder, a Roma entera!

Porque no escalde el fuego nuestra frente,

Trajeron a esta torre mi litera:

¿Qué vale miserable combatiente

Luchando con el tigre o la pantera?

Hoy las siete colinas, que Dios ama,

Circo son, a mis plantas extendido,

En donde Roma con la ardiente llama

Luche a brazo partido.

 

Así el árbitro y dueño de la tierra

Debe apagar el que en fatal desmayo

Constante aburrimiento su alma encierra:

¡Así, cual Jove, ha de esgrimir el rayo!

Venid: la noche cae y empieza el juego:

Ya el incendio, cual hidra pavorosa,

Sus cien lenguas de fuego

Vibra, y extiende el ala tenebrosa.

Mirad, mirad: la pálida humareda

Sobre los altos muros, que amenaza,

En blandos giros voluptuosa rueda,

Y al punto se evaporan

Torres y cumbres que anhelante abraza.

¡Cuántos celos, al verla, en mí germinan!

¡Tuviera yo esos besos que devoran!

¡Tuviera esos halagos que asesinan!...

 

¡Contemplad los siniestros resplandores;

Ved cómo corren tímidas las gentes,

Escuchad los clamores,

Ora apagados, ora renacientes!

Columnas y obeliscos eminentes

Cayendo van con formidable estruendo,

Y llevando doquier horror y luto,

Ríos de fuego líquido rugiendo

Le dan llamas al Tíber por tributo.

Todo sucumbe: mármoles y bronces,

El granito y el pórfido. Encendida

Salta la puerta de sus férreos gonces,

Y de sus elevados pedestales

Toda efigie cayó, del rayo herida,

Sin valerle sus nombres inmortales.

¡Bien, bravo incendio, mi anhelar comprendes!

Por todas partes tu raudal derramas,

Y al rudo soplo de Aquilón, enciendes

En mar de fuego tempestad de llamas.

 

¡Oh Capitolio, cómo resplandeces!

Acueducto de Sila,

Rojo puente del Cócito pareces!

Todo tiembla y vacila;

Alcázares, caed; ¡Nerón lo ordena!

Ya el incendio voraz todo lo llena;

El fuego envuelve a la imperial matrona.

Dame gracias, oh reina, y parabienes,

Y contempla la espléndida corona

Que César ciñe a tus triunfantes sienes.

Niño, escuché las voces agoreras

De la Sibila, cuando a Roma canta

Eterna en las edades venideras,

Y soñé que a su planta,

Abatiendo las alas voladoras,

Vencido el Tiempo, su furor quebranta.

Venid; sedme testigos;

Decidme: ¿cuántas horas

Puede aún durar su eternidad, amigos?

 

¡Bello es cárdeno incendio en negra noche!

Eróstrato mi gloria envidiaría:

¿Qué importa que mi fiesta y mi alegría

Todo un pueblo reproche?

Vedle cuál huye con terrible angustia...

Quitad estas guirnaldas de mi frente:

¡Esa, que a Roma abrasa, hoguera hirviente,

Sus tiernas flores mustia!

 

Si la sangre salpica vuestro manto,

Lavad con vino los estigmas rojos;

La sangre, amigos, sólo tiene encantos

Del malvado a los ojos;

A ese cuadro triunfal quitad enojos.

¡Mal haya quien del triste moribundo

Oyó sin compasión las maldiciones!

Apagad el profundo

Clamor con ditirambos y canciones.

Y tú, Roma, en el fuego que te abrasa,

Mira de mis venganzas el ejemplo;

Y pues tu adoración incierta pasa

De Júpiter a Cristo,

Conságrame a la vez glorioso templo,

Ya que, cual ellos, vengador me has visto.

Si envuelta hoy en tizones te contemplo,

Mañana surgirás más grande y bella;

Pero en tus nuevos muros soberanos

De la rebelde cruz no habrá ya huella:

¡Corred, exterminad a los cristianos!

En ellos, de sus males

Mire la causa para siempre Roma...

Esclavo, tráeme rosas orientales;

¡Es muy dulce su aroma!

Traducción de TEODORO LLORENTE

Leyendas de oro. Valencia, 1875.


 

 

jueves, 3 de febrero de 2022

Charles Baudelaire y Teodoro Llorente: Don Juan en los infiernos

 

DON JUAN AUX ENFERS

 

Quand Don Juan descendit vers l’onde souterraine

Et lorsqu’il eut donné son obole à Charon,

Un sombre mendiant, l’œil fier comme Antisthène,

D’un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.



Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,

Des femmes se tordaient sous le noir firmament,

Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,

Derrière lui traînaient un long mugissement.



Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,

Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant

Montrait à tous les morts errant sur les rivages

Le fils audacieux qui railla son front blanc.



Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,

Près de l’époux perfide et qui fut son amant,

Semblait lui réclamer un suprême sourire

Où brillât la douceur de son premier serment.



Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre

Se tenait à la barre et coupait le flot noir ;

Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,

Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

CHARLES BAUDELAIRE

 


DON JUAN EN LOS INFIERNOS

 

Don Juan desciende a la Laguna Estigia;

da el óbolo a Caronte, y en la barca

entra sereno. Un lúgubre mendigo

los toscos remos vengador agarra.

 

Desnudo el seno, desceñido el talle,

tropel convulso de mujeres pálidas

se retuerce en las sombras, y siniestra

acosa al Burlador su queja amarga.

 

Su salario le pide Sganarelo;

Don Luis, el hijo que manchó sus canas,

a los espectros que la barca siguen

con el índice trémulo señala.

 

Junto a su esposo pérfido, algún día

tierno galán, Elvira infortunada

aún a sus labios pide una sonrisa,

de aquel perdido amor última ráfaga.

 

Rígido en su armadura, agigantado,

un hombre inmóvil, cual marmórea estatua,

de pie en la popa y al timón asido,

en la negra laguna el rumbo traza.

 

Y don Juan, mudo, altivo, displicente,

encorvado, apoyándose en la espada,

nada ve, nada mira, y en la estela

que deja el buque en pos, los ojos clava.

Traducción de TEODORO LLORENTE

NOTA DEL TRADUCTOR: Al lector, familiarizado con los personajes de nuestro Den Juan Tenorio, hemos de advertirle que Baudelaire se refiere, en esta poesía, al Don Juan de Molière, tal como lo pintó Delacroix en su famoso cuadro titulado La barca de Don Juan. El mendigo es el pobre a quien éste da limosna en la escena II del acto III; Sganarelo es el criado; Don Luis el padre; Doña Elvira la esposa burlada, y el hombre armado el Comendador.