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lunes, 3 de mayo de 2021

Max Jacob: Delante de la columna blanca de una iglesia

DEVANT UNE COLONNE BLANCHE D'ÉGLISE

 

Oublies-tu que je me souviens ?

non ! souviens-toi que je t'oublie

Amour la moitié de ma vie

amour... que serai-je demain ?

 

De l'autre côté de la vie,

de l'autre côté des douleurs,

dans la cathédrale pâlie

haletant après l'heure et l'heure

les colonnes ainsi que des scies

oblitèrent jusqu'à mon cœur.

Doux Sang de Dieu ! vous, à mes pieds ?

le reste de moi, la colonne !

faible et dressé, je Vous le donne :

puisse-t-il servir de colombier

au Saint Époux de la Madone.

 

Tremble ! tout pardonné je me dresse et je tremble !

affliction d'un dieu ! c'était avant ma mort !

le désir n'était plus : son image est le temple

et la colonne blanche a les pieds dans mon sort.

 

Douce mère de Dieu !... serais-je encor vivant ?

 

Colonne, par le temps ! et moi, par mon martyre !

quoi ! vous êtes de pierre ! je le serais, sans Dieu !

La colonne trembla quand Jésus fut martyr,

moi je tremble et des pleurs me viennent vers les yeux

quand le chaud vent de Dieu me vient de l'infini.

Tressaillez ! au-delà de l'atteinte des mains

notre vie à tous deux se repose et s'éteint,

avec précaution vit et meurt et revit.

 

Pour mon puissant amour et mon plus fort dédain

comme on verrait dans un vaste miroir sans tain

s'attirer et se nuire des poules bigarrées

je vois le lys profond, la rose qui succombe

au poids fécond de ses entrailles, ...

circuler le touriste, photographe égaré

parmi l'herbe fleurie des tombes.

 

Je suis mourant d'avoir compris

que notre terre n'est d'aucun prix.

MAX JACOB 


DELANTE DE LA COLUMNA BLANCA DE UNA IGLESIA

 

¿Olvidas que me acuerdo?

¡no! recuerda que te olvido

Amor la mitad de mi vida

amor... ¿qué seré yo mañana?

 

Del otro lado de la vida

Del otro lado de los dolores,

en la catedral empalidecida

en vilo por la hora y la hora

las columnas como sierras

me obliteran hasta el corazón.

¡Dulce Sangre de Dios! ¿Tú, a mis pies?

el resto de mí, ¡la columna!

débil y erguido, te lo entrego:

que ojalá sirva de palomar

al Santo Esposo de la Madona.

 

¡Tiemblo! ¡Del todo perdonado, me levanto y tiemblo!

¡aflicción de un dios! ¡era antes de mi muerte!

el deseo ya no existía: su imagen es el templo

y la columna blanca posa sus pies en mi destino.

 

¡Dulce madre de Dios!... ¿sigo estando aún vivo?

 

¡Columna, por el tiempo! ¡y yo, por mi martirio!

¿Cómo? ¡estás hecha de piedra! ¡sin Dios, también yo lo estaría!

La columna tembló cuando Jesús fue mártir,

yo tiemblo y las lágrimas me brotan de los ojos

cuando el cálido viento de Dios me llega desde el infinito.

¡Estremézcanse! más allá del alcance de las manos

la vida de nosotros dos descansa y se apaga,

con precaución vive y muere y vuelve a vivir.

 

Por mi más fuerte amor y mi desdén más fuerte

como uno vería en un vasto espejo de dos caras

gallinas coloridas que se acercan y se atacan

veo el lirio profundo, la rosa que sucumbe

bajo el peso fecundo de sus entrañas, ...

el turista  que deambula, fotógrafo perdido

entre la hierba florecida de las tumbas.

 

Estoy muriéndome por haber comprendido

que nuestra tierra no cuenta para nada.

  

Traducción, para Literatura & Traducciones, de Miguel Ángel Frontán


 

sábado, 24 de abril de 2021

Max Jacob: Marzo


MARS

    

En dernière heure de l'hiver

j'ai découvert le vent, le vert

en ce premier jour de printemps

le vent. 

 

Le vent, le vent, le vent, le vent

Ses amplitudes phlogistiques

Nord au sud, occident, levant

sans frontière est sa république. 

 

Lustres de luxe à girandoles

prenez-en pour votre auréole.

Saint Briac en perdit sa mitre.

Il s'en vint sans coiffe au chapitre

blanc de pollen et de corolles. 

 

Enfant dingo et fandango,

les ongles roses du printemps et les falbalas de l'automne ?

gorge de pigeon et queue de paon.

Ce peu de vert

sur de l'hiver, ce peu d'hiver sur ce printemps

sont aux grenouilles de Latone

et nous n'aurons pas d'abricot.

Qui m'a pris mon Dieu dans la plaine?

 

Ce matin même en me levant

Seigneur : Ta grâce ! avec Ton sang.

Or je dis avec Madeleine :

 

« Si tu l'as emporté dis-moi où tu l'as mis. »

Satan soufflait de son haleine

le chaud, le froid, maudit Satan

qui m'a pris mon Dieu dans la plaine ?

le vent, le vent, le vent, le vent.

 

MAX JACOB

 

MARZO

 

En la última hora del invierno

he descubierto el viento, el verde

en este primer día de primavera

el viento.

 

El viento, el viento, el viento, el viento

Sus amplitudes flogísticas

Norte a sur, occidente, levante

sin frontera es su república.

 

A esas lujosas arañas con guirnaldas

úsenlas para su aureola.

Por eso San Briag perdió la mitra.

Descubierta la cabeza se fue al capítulo

blanco de polen y de corolas.

 

Niño alocado como un fandango,

¿las uñas rosadas de la primavera y los volados del otoño?

pecho de paloma y cola de pavo real.

Ese poco verde

sobre el invierno, ese poco invierno sobre la primavera

les pertenecen a las ranas de Latona

y para nosotros no habrá duraznos.

¿Quién me sacó a mi Dios en la llanura?

 

Esta misma mañana al levantarme

Señor: ¡Tu gracia! con Tu sangre.

Por eso digo con Magdalena:

 

"Si te lo llevaste dime dónde lo has puesto".

Satán soplaba con su aliento

lo caliente y lo frío, Satán maldito

¿quién me sacó a mi Dios en la llanura?

el viento, el viento, el viento, el viento.

  

Traducción, para Literatura & Traducciones, de Miguel Ángel Frontán


 

domingo, 12 de agosto de 2012

René Crevel y Max Jacob



LA MYSTICITÉ QUOTIDIENNE DE MAX JACOB

Axiome : l’inquiétude seule pare infailliblement de quelque grandeur les individus, leurs gestes. Ce n’est point, à la vérité, que nous supportions encore les larmes trop faciles de certains désespoirs, mais pour que l’homme nous intéresse, sous le masque, il faut que se devine un tourment. Je ne sais quelle définition les dictionnaires proposent de la mysticité ; pourquoi ne point convenir que de ce nom se baptise l’état même d’inquiétude ? Ainsi, dira-t-on, Max Jacob est un mystique, sans avoir au reste à se préoccuper de ce que peut valoir sa foi : c’est que, pour nous témoins, l’objet de la passion importe peu ; seul nous décide à aimer le rythme du chant qui anime.

Tous les hommes, au moins une fois dans leur existence, ont soupiré, la tête entre les paumes « Pourquoi ? ». Il faut bien admettre avec Bacon que, du point de vue le plus humain, la recherche des causes finales, comme une vierge consacrée à Dieu, est stérile. Mais cette recherche des causes finales, distrayant des vulgarités coutumières, aide à supporter les années d’ennui qu’on appelle alors années d’attente ; cependant l’incapacité où nous sommes d’acquérir une certitude nous laisse parfois en route, avec le désespoir de ne pas encore soupçonner le but, la cause finale ; au sein même de la mysticité, certaines contradictions rendent donc impossible un bonheur simple.

Max Jacob écrit : Antithèse. Ce mot à lui seul est une préface en tête d’un livre où le poète cache, sous l’expression de la joie, le désespoir de n’en avoir pas trouvé la réalité.
Tous les mystiques ont connu cette antithèse, car c’est bien le contraste de leurs profondes aspirations, auxquelles, malgré eux, ils obéissent, qui crée l’angoisse où il doivent vivre ; jouets d’une marée puissante, ils suivent tour à tour le flux et le reflux ; avant les soirs d’extase, il y a les journées de la période mondaine. Mais presque tous, tandis qu’une nouvelle vague les porte à d’autres rivages, ne se rappellent plus que, cinq minutes auparavant, le flot les menait vers des îles contraires.
Tiraillé en tous sens, un Verlaine par exemple, a toujours un lyrisme unilatéral ; les médecins l’expliquent en rapprochant érotisme et mysticité.

Max Jacob, au contraire, voit de tous côtés ; il sait le travail intime de sa pensée, de son cœur ; il pourrait sortir les parcelles de son âme comme les pierres d’une mosaïque, et jamais il n’oublie rien de sa vie quotidienne; c’est d’elle qu’il part, et il va jusqu’aux plus hauts sommets, comme du niveau de la mer au faîte de l’Himalaya. « Je suis revenu de la Bibliothèque nationale, j’ai déposé ma serviette, j’ai cherché mes pantoufles et quand j’ai relevé la tête, il y avait quelqu’un sur le mur, il y avait quelqu’un. »

Les époques et les pays lui sont familiers ; il les arrange à la manière des intérieurs, remarque un détail, le caresse, s’en agace et retourne à l’éther, au paradis ; puis en extase, subitement, il se souvient du jeu banal qui l’occupait tout à l’heure ; il retourne sur la terre, à Montparnasse, et au milieu de l’orgie, quand on frappe à la porte de l’atelier, il s’écrie « c’est le prêtre, c’est la croix. C’est la bannière et c’est la procession ». Tout le monde est dans l’effroi. Il croit qu’on partage sa pieuse terreur : « Entrez mon Seigneur. Or ce n’était que le commissaire de police, un vilain moustachu avec sa ceinture. »
A cause de cette naïveté dans la confession, beaucoup ont mis en doute la foi de Max Jacob ; on l’aime comme un paradis à la Charlot ; les grandes personnes ne veulent pas avoir l’air d’y croire. A vrai dire cette mysticité quotidienne, qui met dans la vie ce qui pour l’ordinaire se laisse dans les temples, déçoit un peu. On s’attend à quelque concert grave, or, au lieu de choisir l’orgue, Max Jacob s’accompagne de la guitare, le piano mécanique et le banjo. La grand-messe du dimanche se joue à l’orchestre du cinéma. Mais cette naïveté chez un homme qui sait par ailleurs se montrer si perspicace, n’est-elle pas touchante comme un geste de petit enfant ?

Amis des objets familiers, il sait aux pensées futiles mêler la plus belle gravité.

Un poème commence ainsi :

Flegmatique et sensuel, je l’étais, je le reste
Si je digère mal, c’est que je suis si mou.


Et s’achève :

Navré quand tu t’en vas, joyeux quand tu t’approches,
Je ne peux qu’espérer l’amour.
Ce sont là des tourments, chrétiens de vieille roche
Que vous ignorerez toujours.
J’offre cet océan, la foi un cœur de pierre ;
Mon espérance au front la couronne de lierre.


Dans sa richesse multiple et décevante, celui qui s’écrie : « Max est pécheur, Max est un homme », se crucifie chaque jour aux idées du maître ; bon larron, mais vrai bon larron, petit neveu du Galiléen par lui tant aimé.

1923

RENÉ CREVEL




EL MISTICISMO COTIDIANO DE MAX JACOB

Axioma: tan sólo la inquietud orna infaliblemente con cierta grandeza a los individuos, a sus gestos. No es, para decir la verdad, que aún soportemos las lágrimas demasiado fáciles de algunas desesperanzas, pero para que el hombre nos interese, es necesario que, debajo de la máscara, intuyamos un tormento. No sé qué definición del misticismo proponen los diccionarios; ¿por qué no admitir que ese nombre se le dé al estado mismo de inquietud? Así, se dirá que Max Jacob es un místico, sin tener que preocuparse, por lo demás, de lo que puede valer su fe: es que para nosotros, testigos, poco importa el objeto de la pasión; lo único que nos decide a amar es el ritmo del canto que da vida.

Todos los hombres, al menos una vez en su existencia, han suspirado, con la cabeza entre las manos: “¿Por qué?” Fuerza es admitir con Bacon que, desde el punto de vista más estrictamente humano, la búsqueda de las causas últimas, como una virgen consagrada a Dios, es estéril. Pero esta búsqueda de las causas últimas, distrayéndonos de las vulgaridades cotidianas, ayuda a soportar los años de hastío a los que entonces llamamos años de espera; sin embargo, la incapacidad en que nos hallamos de adquirir alguna certeza nos deja a veces a medio camino, con la desesperación de no sospechar aún el objetivo, la causa última; en el corazón mismo del misticismo, ciertas contradicciones vuelven así imposible una dicha simple.

Max Jacob escribe: Antítesis. Esta palabra en sí misma es un prefacio que encabeza un libro en que el poeta oculta, bajo la expresión del gozo, la desesperación de no haber encontrado la realidad que lo sustenta. Todos los místicos han conocido esta antítesis, ya que es por cierto el contraste de sus profundas aspiraciones, a las que a su pesar obedecen, el que crea la angustia en la que deben vivir; juguetes de una poderosa marea, siguen alternativamente el flujo y el reflujo; antes de las noches de éxtasis, están los días del período mundano. Pero casi ninguno, mientras una nueva ola los lleva a otras orillas, recuerda que, cinco minutos antes, la corriente los llevaba hacia islas contrarias. Tironeado en todos los sentidos, un Verlaine, por ejemplo, siempre tiene un lirismo unilateral; los médicos explican esto vinculando erotismo y misticismo.

Max Jacob, por el contrario, ve hacia todos lados; conoce el trabajo íntimo de su pensamiento, de su corazón; podría exhibir los fragmentos de su alma como las piedras de un mosaico; y nunca olvida nada de su vida cotidiana; de ella parte hasta alcanzar las más altas cumbres, como desde la superficie del mar hasta la cima del Himalaya. “Volví de la Biblioteca nacional, dejé mi maletín, busqué mis pantuflas y, al alzar la cabeza, había alguien en la pared, había alguien.”

Las épocas y los países le resultan familiares; los ordena como el interior de una casa, percibe un detalle, lo acaricia, se impacienta con él y vuelve al éter, al paraíso; luego, súbitamente en éxtasis, recuerda el juego banal en que se entretenía momentos antes; vuelve a la tierra, a Montparnasse, y, en medio de la orgía, cuando llaman a la puerta del estudio, exclama: “es el cura, es la cruz. Es el estandarte y es la procesión”. Todo el mundo se espanta. Él cree que comparten su piadoso terror: “Entrad, mi Señor. Pero no era más que el comisario de policía, un feo bigotudo con su cinturón.”

Por culpa de esta ingenuidad en la confesión, muchos han puesto en duda la fe de Max Jacob; se lo ama como a un paraíso de Chaplin; las personas grandes no quieren que se piense que creen en él. A decir verdad, este misticismo cotidiano, que pone en la vida lo que por lo común se deja en los templos, decepciona un poco. Uno se espera un concierto serio, pero, en lugar de elegir el órgano, Max Jacob se acompaña con guitarra, piano mecánico y banyo. La misa mayor del domingo la toca la orquesta del cinematógrafo. Pero esta ingenuidad, en un hombre que, por otra parte, sabe mostrarse tan perspicaz, ¿no es conmovedora como el gesto de un niño?

Amigo de los objetos familiares, sabe mezclar con los pensamientos fútiles la más bella gravedad.

Así comienza uno de sus poemas:

Yo era flemático y sensual, y sigo siéndolo
Si digiero mal, es porque soy muy blando.


Y termina:

Desolado cuando te vas, feliz cuando te acercas,
Sólo puedo esperar el amor.
Esos son tormentos, cristianos de viejo cuño
Que siempre ignoraréis.
Ofrezco este océano, la fe un corazón de piedra;
Mi esperanza en la frente la corona de hiedra.


En su riqueza múltiple y decepcionante, aquél que exclama: “Max es pecador, Max es un hombre”, se crucifica día a día con las ideas del maestro; buen ladrón, pero auténtico buen ladrón, sobrino nieto del Galileo tan amado por él.


1923

Traducción de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán.

OTROS POEMAS DE RENÉ CREVEL



miércoles, 1 de febrero de 2012

Max Jacob: Tres poemas




MAX JACOB nació en Quimper, Bretaña, el 11 de julio de 1876, en el seno de una humilde familia judía: su padre era sastre. Al terminar sus estudios secundarios se instaló en París donde realizó los más variados oficios: desde barrer almacenes hasta astrólogo, profesor de piano, pintor o crítico de arte.
 A partir de 1901, entabló una estrecha amistad con André Salmon, Guillaume Apollinaire y Pablo Picasso con los que compartió su vida en Montmartre, en el hoy célebre Bateau-Lavoir. Fue muy cerca de éste último, en la rue Ravignan, donde tuvo lugar uno de los acontecimientos claves de su vida: la aparición de Cristo en su habitación el 7 de octubre de 1909. Fue el comienzo de un largo camino hacia la conversión al catolicismo: el 18 de febrero de 1915 fue bautizado en Notre-Dame de Sion, con Picasso como padrino.
Ya en 1911 había publicado, gracias al mecenazgo de Picasso, el primero de sus grandes libros: "Las obras burlescas y místicas de San Matorel, muerto en el convento de Barcelona". En 1917, publicó uno de los pincipales libros de la vanguardia poética de la primera mitad del siglo XX: Le cornet à dés, libro que lo consagró como un maestro del poema en prosa.
En 1921 se instaló en Saint-Benoît sur Loire, cerca de la célebre abadía benedictina. A partir de entonces, su vida estuvo ritmada por breves escapadas a París, una intensa vida espiritual en compañía de los monjes benedictinos, algunos viajes al extranjero, por España e Italia, y la prosecución de su obra, mientras vivía modestamente de la venta de sus acuarelas.

 El 24 de febrero de 1944 fue arrestado por la Gestapo y conducido al campo de concentración de Drancy, en las cercanías de París. A pesar de los esfuerzos de sus numerosos amigos para que fuese liberado, murió allí de una neumonía el 5 de marzo de 1944, “víctima de una barbarie que vio solamente en ese cristiano por iluminación al judío denostado que era por nacimiento” (Michel Leiris).


LA MÈRE DU CURÉ

 Moi qui frappe à votre fenêtre
 Avec mon sac et mon bâton
 Mes sabots, mes pauvres chiffons
 J'aurai mon fils ordonné prêtre
 Je ramasserai pas des croûtes
 Toute la vie sur la grand'route
 "Mère envoyez-moi chez les frères
 De là j'irai au séminaire."
 Il n'y a pas dix ans encore
 Que le fermier mon homme est mort
 -Faudra-t-il vendre toits, charpentes
Et Prêtre à l'autel vous deviendrez!
 Au séminaire vous irez
 Mon enfant vous irez à Nantes!
 Quand terre et grange fut vendue
 Par les champs j'allais par les rues
 Chanter des chansons dans les foires
 Un fils prêtre tout est pardonné
 Le paradis sans purgatoire,
 Et bientôt dans son presbytère
 J'ouvrirai quand on a sonné
 "Entrez donc car je suis sa mère
 Monsieur l'abbé ou Monseigneur
 Ou le Pape s'il fait l'honneur

 Avec mon sac et mon bâton
 Mes sabots, mes pauvres chiffons
 Moi qui frappe à votre fenêtre
 J'aurai mon fils ordonné prêtre.
 

LA MADRE DEL CURA

Yo que golpeo en vuestra ventana,
 Con mi saco y con mi bastón,
 Con mis zuecos, mi pobre ropa,
 Ha de llegar mi hijo a cura.
 No juntaré ya más los restos,
 En el camino toda mi vida.
 "Madre, envíame a los hermanos,
 de allí me iré para el seminario."
 Ni siquiera hace diez años
 Que mi hombre el granjero ha muerto.
 -Venderemos pared y techo
 para que subas al altar,
 que al seminario te puedas ir.
 Hijo mío, tú irás a Nantes.
 Cuando vendí tierras y granja
 Me fui por campos y por calles
 Para a las ferias ir a cantar.
 A la madre del cura todo se le perdona,
 Sin purgatorio, el paraíso tendrá
 Y ya pronto en el presbiterio
 Iré a la puerta a ver quién llama.
 Entre usted pues, que soy la madre
 Del señor cura, o de Monseñor
 O del Papa si lo merece.

 Yo que golpeo en vuestra ventana,
 Con mi saco y con mi bastón,
 Con mis zuecos, mi pobre ropa,
 Ha de llegar mi hijo a cura.

CIMETIÈRE

 Si mon mari vous le chassez
 au cimetière vous le mettrez,
 rose blanche, rose blanche et rose rouge.

 Ma tombe, elle est comme un jardin,
 comme un jardin rouge et blanche,

 Le dimanche vous irez, rose blanche,
 vous irez vous promener,
 rose blanche et blanc muguet,

 Tante Yvonne à la Toussaint
 une couronne en fer peint
 elle apporte de son jardin
 en fer peint avec des perles de satin,
 rose rouge et blanc muguet.

 Si Dieu veut me ressuciter
 au Paradis je monterai, rose blanche,
 avec un nimbe doré,
 rose blanche et blanc muguet.

 Si mon mari revenait,
 rose blanche et rose blanche,
 sur ma tombe il vient auprès,
 rose blanche et blanc muguet.

 Souviens-toi de notre enfance, rose blanche,
 quand nous jouions sur le quai,
 rose blanche et blanc muguet.
 

CEMENTERIO

Si a mi marido lo echáis
 Irá a parar al cementerio,
 Rosa blanca, rosa blanca y rosa roja.

 Mi tumba es como un jardín,
 Como un jardín roja y blanca.

 El domingo iréis, rosa blanca,
 A pasearos por allí,
 Blanco mugueto y rosa blanca.

 Para los muertos Tía Yvonne
 Una corona de alambre
 Les trae de su jardín,
 De alambre pintado y flores de satín,
 Blanco mugueto y rosa blanca.

 Si Dios quiere resucitarme
 Yo subiré al Paraíso, rosa blanca,
 Con una aureola dorada,
 Blanco mugueto y rosa blanca.

 Si mi marido volviese,
 Rosa blanca y rosa blanca,
 Juntito a mi tumba viene,
 Blanco mugueto y rosa blanca.

 Acuérdate de nuestra infancia, rosa blanca,
 Cuando en el muelle jugábamos,
 Blanco mugueto y rosa blanca.
 

LA RUE RAVIGNAN

“On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve”, disait le philosophe Héraclite. Pourtant, ce sont toujours les mêmes qui remontent ! Aux mêmes heures, ils passent gais ou tristes. Vous tous, passants de la rue Ravignan, je vous ai donné les noms des défunts de l’Histoire ! Voici Agamemnon ! voici Mme Hanska ! Ulysse est un laitier ! Patrocle est au bas de la rue qu’un Pharaon est près de moi. Castor et Pollux sont les dames du cinquième. Mais toi, vieux chiffonnier, toi, qui, au féerique matin, viens enlever les débris encore vivants quand j’éteins ma bonne grosse lampe, toi que je ne connais pas, mystérieux et pauvre chiffonnier, toi, chiffonnier, je t’ai nommé d’un nom célèbre et noble, je t’ai nommé Dostoïevsky.
 

LA CALLE RAVIGNAN


«No es posible bañarse dos veces en el mismo río», decía Heráclito el filósofo. Sin embargo, siempre son los mismos los que pasan. A las mismas horas, van alegres o tristes. ¡A todos ustedes, transeúntes de la calle Ravignan, les he dado los nombres de los difuntos de la Historia! ¡Aquí viene Agamenón ! ¡Aquí viene la señora Hanska! ¡Ulises es un lechero ! Patroclo está aún al principio de la calle cuando ya tengo a mi lado a un Faraón. Cástor y Pólux son las señoras del quinto. Pero a ti, viejo trapero, a ti que, en la encantada mañana, vienes a recoger los restos aún vivos cuando apago mi buena y vieja lámpara, a ti, a quien no conozco, misterioso y pobre trapero, a ti, trapero, te he dado un nombre noble y famoso, te he llamado Dostoievski.


Versiones castellanas y nota biográfica de Miguel Ángel Frontán