domingo, 18 de agosto de 2013

Rainer Maria Rilke: Vergeles - Poema XLI

VERGERS
XLI

Ô nostalgie des lieux qui n'étaient point
assez aimés à l'heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l'action supplémentaire !

 Revenir sur mes pas, refaire doucement
 — et cette fois, seul — tel voyage,
 rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc...

Monter à la chapelle solitaire
que tout le monde dit sans intérêt ;
pousser la grille de ce cimetière,
se taire avec lui qui tant se tait.

Car n'est-ce pas le temps où il importe
de prendre un contact subtil et pieux ?
Tel était fort, c'est que la terre est forte ;
et tel se plaint : c'est qu'on la connaît peu








VERGELES
XLI

OH nostalgia de sitios que no fueron
bastante amados en la hora huidiza,
¡cómo querría darles desde lejos
el gesto que olvidé, la acción faltante!

Volver sobre mis pasos, repetir
—solo, esta vez—, despacio, cierto viaje,
quedarme un poco más junto a la fuente,
acariciar ese árbol y ese banco...


Subir a la capilla solitaria,
carente de interés, según se dice;
abrir la reja de ese cementerio
y callarse con él, que tanto calla.


¿No ha llegado la hora en que debemos
tender lazos sutiles y piadosos?
Éste era fuerte, porque la tierra es fuerte;
y aquél se queja porque mal la conoce.


Traducción de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán ©Vergeles. Ediciones De La Mirándola, 2012.